Comment Apollo Plus prédit le comportement des visiteurs dans les attractions touristiques

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Le Puy du Fou, Disneyland Paris ou l'aquarium Nausicaa utilisent la solution d'intelligence artificielle de cette entreprise française pour accroître leur taux de fréquentation.


Combien y aura-t-il de clients le 25 décembre 2022 ? Dans quelles régions vaut-il mieux cibler les campagnes marketing pour attirer le maximum de visiteurs ? Combien de salariés faudra-t-il prévoir en plus un samedi de beau temps ? Autant de questions auxquelles Apollo Plus peut répondre, grâce à ses algorithmes d'intelligence artificielle.

Créée en 2016, la société française dispose d'une quinzaine de clients avec, entre autres, le Puy du Fou, Disney, l'aquarium Nausicaa, le Gouffre de Padirac, l'Observatoire de la Tour Montparnasse, la Tour de la Télévision de Berlin ou encore la Tour 360 à Chicago. À la clé, une promesse d'augmentation du taux de fréquentation, sans investissement supplémentaire dans les infrastructures.


Affiner les campagnes de publicités

Pour y arriver, le maximum de données brutes sont analysées : le délai de réservation, le mode de paiement des billets ou encore le lieu de provenance des visiteurs. Toutes ces informations sont ensuite simplifiées avant d'être communiquées aux équipes commerciales. David Nouaille, directeur marketing et communication du Puy du Fou, a ainsi pu affiner sa stratégie : « Nous avons détecté les zones à fort potentiel pour nos campagnes de communication. Nous avons donc remplacé nos publicités nationales par des annonces régionales, en particulier à Lille, Lyon et Toulouse. »

Outre la provenance de ses clients, David Nouaille peut savoir enfin précisément qui se rend au Puy du Fou. « La structure familiale de nos visiteurs a été l'une de nos premières surprises. Nous étions persuadés qu'il s'agissait principalement de groupes composés de deux adultes et deux enfants. Mais Apollo Plus a montré que les couples sans enfants constituaient l'essentiel de notre clientèle », indique le directeur. Au total, les adultes représentent 75% des clients dans le parc, contre 25% d'enfants.


« L'IA fait le travail à notre place »

Si Apollo Plus permet d'adapter ses stratégies de communication, la société de dix-sept salariés aide également d'un point de vue logistique. Un lieu touristique pourra par exemple définir le nombre de guides nécessaires suivant les périodes d'affluence. « Nous rendons visible des choses qui ne l'étaient pas », se félicite Thomas Isnard, fondateur d'Apollo Plus.


Selon Lætitia de Ménibus-Gravier, PDG du Gouffre de Padirac, « cet outil a été une véritable béquille lors de la pandémie ». Durant cette période, le lieu a dû définir un jour de fermeture par semaine, sans savoir lequel choisir. Apollo Plus a donc étudié les informations de ces cinq dernières années et a conclu que le vendredi était la journée la plus faible en termes d'affluence. « Si nous avions dû analyser l'ensemble des données à la main, cela nous aurait pris un temps fou », mentionne Lætitia de Ménibus-Gravier. Elle ajoute que c'est « l'intelligence artificielle qui fait le travail à notre place, elle nous permet ainsi de prendre rapidement des décisions éclairées ».


Thomas Isnard l'assure, « en seulement deux semaines d'exploitation d'Apollo Plus, les clients remboursent le prix de leur licence annuelle ». Il n'a toutefois pas souhaité communiquer sur le prix de sa solution. Le fondateur envisage désormais de l'étendre à de nouveaux sites touristiques à l'étranger, en particulier aux États-Unis. «Il s'agit du plus gros marché, très différent du nôtre. Il faut que l'on commence à cibler la ville que nous allons prospecter, ce sera sans doute New York», espère-t-il.


Emma Confrere, pour Le Figaro le 19/11/2021